Publié par koora.com
Les crises que connaît le Club sportif sfaxien (CSS) de temps à autre, notamment au niveau du financement de ses activités et des recrutements, pourraient expliquer la situation difficile au sein des académies des jeunes ces dernières années.
Après un début exceptionnel qui a fait du club de la Capitale du Sud un pionner parmi l’élite dans ce domaine et constitué un important creuset pour l’équipe, elles font face en effet à des problèmes grandissants.
C’est la principale conclusion que l’on peut tirer en suivant le parcours de ces académies durant ces dernières années, et ce à la lumière des indices négatifs enregistrés par les quatre académies du club après la régression du nombre des adhérents, passés de 700 à 400 enfants, et qui constituaient pour le club une vraie richesse et une source intarissable de recrutement.
Face à cette situation, les parents des jeunes académiciens préfèrent retirer leurs enfants de ces centres pour se diriger vers les centres de formation privés, en croissance continue à Sfax, et offrant de meilleures conditions d’entraînement et d’encadrement, moyennant un abonnement mensuel ou annuel plus abordable que ceux exigés par les centres du CS Sfaxien.
Un seul de ces quatre centres du CS Sfaxien est doté d’un terrain gazonné, alors que 70 pour cent des jeunes âgés de 5 à 21 ans s’entraînent dans les trois autres centres qui ne disposent que de terrains en terre battue et où les conditions d’entraînement ne sont pas à la hauteur de la réputation du club et du niveau du football atteint par les «rouge et noir».
L’académie de la Route de l’aéroport, la plus ancienne du club héritant de l’ancien complexe du club, est la plus touchée par ces difficultés. Tout visiteur peut constater l’état piteux de ses terrains, la mauvaise qualité des ballons utilisés pour les entraînements, l’insuffisance des équipements sportifs et même l’absence des moindres commodités, comme les simples bouteilles d’eau minérale.
La direction du club semble réticente à procéder à un changement de politique envers ces centres de formation, un fait attesté par le renoncement à la stratégie annoncée en avril dernier et portant sur un encadrement plus renforcé des jeunes, notamment ceux accueillis par les quatre académies.
Le CS Sfaxien avait engagé à cet effet depuis 1988 le vétéran et expert auprès de la FIFA le Suisse Michel Richard qui a annoncé lors d’une conférence de presse un plan de relance des académies dotées des ressources matérielles et humaines nécessaires. Face à l’incapacité de mettre en application cette stratégie, la direction du club a entrepris de prendre une série de mesures d’austérité au risque de rendre plus difficile l’action des académies.
Elles portent notamment sur la réduction du nombre de formateurs, avec une moyenne de un formateur pour 25 jeunes footballeurs, alors que les normes européennes sont de un formateur pour 15 jeunes.
Le peu d’intérêt accordé à ces centres est marqué par une certaine négligence pour le travail accompli, notamment le manque de visites des responsables aux centres.
Ces académies ne représentent pas pourtant un lourd fardeau pour le budget du club, avec un équilibre financier généralement assuré, mais le comité directeur veut transformer cette structure éducative et sportive en une activité lucrative pour renflouer les ressources du club et un moyen de résoudre les problèmes financiers générés par les activités des catégories seniors et espoirs.
La question qui se pose est de savoir à quand le club sfaxien privilégiera la résolution des problèmes des seniors aux dépens des jeunes, avenir de l’association, et jusqu’à quand les administrateurs interviendront-ils, sous prétexte d’austérité nécessaire, dans les prérogatives des techniciens en charge de la formation des jeunes?
TAP


























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